Si d'un triste devoir la juste violence, Qui me fait malgré moi poursuivre ta vaillance, Prescrit à ton amour une si forte loi Qu'il te rend sans défense à qui combat pour moi, En cet aveuglement ne perds pas la mémoire Qu'ainsi que de ta vie il y va de ta gloire, Et que, dans quelque éclat que Rodrigue ait vécu, Quand on le saura mort, on le croira vaincu. Ton honneur t'est plus cher que je ne te suis chère, Puisqu'il trempe tes mains dans le sang de mon père, Et te fait renoncer malgré ta passion, À l'espoir le plus doux de ma possession : Je t’envois cependant faire si peu de conte, Que sans rendre combat tu veux qu'on te surmonte. Quelle inégalité ravale ta vertu ? Pourquoi ne l'as-tu plus ? ou pourquoi l'avais-tu ? Quoi ! n'es-tu généreux que pour me faire outrage ? S'il ne faut m'offenser n'as-tu point de courage ? Et traites-tu mon père avec tant de rigueur Qu'après l'avoir vaincu tu souffres un vainqueur ? Va, sans vouloir mourir laisse-moi te poursuivre, Et défends ton honneur si tu veux ne plus vivre. |
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