Cette expression a passé dans le langage politique, et s'entend de l'acte solennel d'opposition absolue, par lequel un pouvoir constitué refuse sa sanction à une mesure émanée d'un autre pouvoir, et, ainsi, en paralyse l'effet.
Le mot veto rappelle un des tristes souvenirs de la Révolution française. Une des plus graves questions qu'avait à décider l'Assemblée Constituante, était celle du veto ou droit accordé au roi de s'opposer aux lois votées par les assemblées législatives. Le peuple criait : «A bas le veto,» sans comprendre ni le mot ni la chose. Pour lui, le veto était l'ancien régime, l'ennemi de la Révolution, et la populace ne tarda pas à donner le nom de Madame Veto à l'infortunée Marie-Antoinette.
Roland aurait voulu faire ses adieux à la reine et à ses deux dames, mais Dryfesdale y mit son veto et l'entraîna vers la barque.
Walter Scott, l'Abbé.
Quoi ! c'était contre le clergé et contre la noblesse qu'on faisait la Révolution, et on allait leur laisser un veto tout-puissant qui l'eût arrêtée à chaque instant pour lui dire : «Tu n'iras pas plus loin !»