Fatigué du bruit de la ville, Horace (livre II, sat. vi, v. 60) aspire au repos des champs :
O rus ! quando ego te aspiciam, quandoque licebit
Nunc veterum libris, nunc somno et inertibus horis
Ducere sollicitæ jucunda oblivia vitæ.
«O campagne quand te reverrai-je ? Quand pourrai-je, dans la lecture des vieux auteurs, dans le sommeil ou dans la paresse, oublier doucement les fatigues de la vie.»
Bien souvent on a répété l'exclamation d'Horace.
Delille a paraphrasé heureusement ces vers du poète :
O champs ! ô mes amis ! quand vous verrai-je encor !
Quand pourrai-je, tantôt goûtant un doux sommeil,
Et des bons vieux auteurs amusant mon réveil,
Tantôt ornant sans art mes rustiques demeures,
Tantôt laissant couler mes indolentes heures,
Boire l'heureux oubli des soins tumultueux,
Ignorer les humains, et vivre ignoré d'eux !