Vers ridicule attribué à Cicéron, et dont la traduction, due à Martignac, reproduit exactement la beauté. «Il aurait pu mépriser les poignards d'Antoine, s'il avait toujours parlé ainsi,» dit très judicieusement Juvénal, satire IIe. C'est vrai, mais sa prose valait un peu mieux que ses vers. On n'est pas universel, témoin Malebranche, qui, mis en demeure de faire deux vers, produisit ce chef-d'œuvre :
Il faisait ce jour-là le plus beau temps du monde,
Pour aller à cheval sur la terre et sur l'onde.
Quoi qu'il en soit, Cicéron avait eu dès sa jeunesse le renom de grand poète ; il le conserva jusqu'à sa mort ; les contemporains admiraient, les amis avaient des transports, et Cicéron lui-même, en écrivant les Lois, Cicéron, à cinquante-cinq ans, contemplait d'un œil plus que paternel ces enfants de sa jeunesse.
Martial a lancé, lui aussi, son épigramme contre le talent poétique de Cicéron :
Carmina quod scribis, Musis et Apolline nullo,
Laudari debes ; hoc Ciceronis habes.
(Liv. II, épigramme 89.)
«Tu fais des vers malgré Apollon et les Muses, sois fier, tu as cela de commun avec Cicéron»
Voltaire.
Id.
J.-B. Rousseau.
Malherbe.
Des Yveteaux.
Castil-Blaze.