« NON IGNARA MALI, MISERIS SUCCURRERE DISCO »Connaissant le malheur, j'ai appris à secourir les malheureux.
Virgile, Énéide, liv. I, v. 630. C'est Didon qui prononce ces paroles touchantes, au moment où elle offre une hospitalité empressée à Énée et à ses compagnons d'exil.
Ce vers a été plusieurs fois imité par les poètes français. Voltaire dit dans Zaïre :
Qui ne sait compatir aux maux qu'il a soufferts !
De Belloy, dans le Siége de Calais :
Vous fûtes malheureux, et vous êtes cruel !
Lemierre, dans la Veuve du Malabar :
Tu n'as donc, malheureux, jamais versé de larmes !

Pour être sympathique au malheur, il faut avoir l'expérience de la souffrance : Non ignara mali. Car comment voulez-vous que je sois sensible à des maux dont je ne me fais aucune idée ? V. Cousin.
 Pauvres âmes, qui sont dégoûtées sans avoir rien goûté, usées sans avoir usé, désabusées sans avoir abusé, veuves sans avoir connu l'époux, et qui demandent aux quatre vents quelque chose à croire, à espérer et à aimer. Ce sont ceux-là que je plains : Non ignara mali. Gatien Arnould.
 ... Je ne manque pas d'hospitalité, repartit Triptolème : Non ignara mali, miseris succurrere disco. L'oie qui devait rester pendue dans la cheminée jusqu'à la Saint-Michel est actuellement à bouillir dans le pot pour vous. Walter Scott, le Pirate.
 Si j'insiste sur ces tristes observations, je le fais aussi par compassion pour les instituteurs de la jeunesse, afin de leur épargner ce qu'il y a de plus ingrat dans leur tâche. Toutes ces observations sont des expériences et des souvenirs : Non ignara mali, miseris succurrere disco. Dupanloup.

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