« FORSAN ET ILEC OLIM MEMINISSE JUVABIT »Peut-être un jour ces souvenirs auront pour vous des charmes.
Virgile, Énéide, liv. I, vers 203.
Le poète fait ainsi parler Énée : «Chers compagnons, ce n'est pas d'aujourd'hui que nous connaissons les revers ; nous en avons éprouvé de plus grands. Vous avez vu de près la rage de Scylla et ses rochers retentissants. Vous avez connu les antres affreux des Cyclopes. Peut-être un jour ces souvenirs auront pour vous des charmes !»
Homère prête à Ulysse le même langage dans le XVe livre de l'Odyssée : «Trouvons quelque plaisir dans le souvenir de nos souffrances ; celui qui a beaucoup souffert se plaît dans le récit de ses malheurs.»

Les poëtes n'ont-ils pas toujours chanté le charme de la mélancolie ? Qui ne sait pas que nos douleurs se transforment, après plus ou moins de temps, en souvenirs agréables : Et, hœc meminisse juvabit. Pierre Leroux, Humanité.
 On n'a pas besoin de l'épreuve du malheur quand on est riche et sage ; mais si l'on a été malheureux, le souvenir des maux passés assaisonne le sentiment du bonheur présent : Olim meminisse juvabit. Géruzez.
 A tous les instants, ayons présent à la pensée le but où tend l'humanité ; et chacun, selon nos forces, dirigeons-nous-y constamment, infatigablement ; car tel est notre droit, notre devoir, notre loi : Hœc olim meminisse juvabit. Gatien Arnoult.
 Je regrette de ne pouvoir ou de n'oser mettre ici tout ce que l'abbé Marini m'a dit de l'abbé Maury, qu'il a bien connu et jugé. Mais forsan et hœc olim meminisse juvabit, si le Ciel accorde à mes prières de vous revoir quelque jour. Paul-Louis Courier.

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