Galilée proclama le premier cette vérité aujourd'hui si vulgaire : «La terre est ronde et elle tourne sur elle-même.» Comme il se mettait ainsi en contradiction avec le passage des Écritures qui nous montre Josué arrêtant le soleil, il fut condamné par un concile à rétracter ce qu'il avait dit. Il obéit à cette sentence, mais en répétant, avec la conviction du génie : E pur si muove ! «Et pourtant elle tourne !»
Et que nos adversaires ne nous disent pas (ils l'aimeraient mieux, je le sais), qu'ils ne ne nous disent pas : Nous sommes Galilée, et vous êtes le mur de la prison où nous écrivons notre parole immortelle, votre stigmate ineffaçable : E pur si muove ! Ne nous dites pas : Nous sommes Colomb, et vous êtes Gênes ! Ne nous dites pas : Nous sommes le martyr, et vous êtes le bourreau ! Non, les martyrs ne plaident pas, ils confessent ; ils ne demandent pas, ils sèment !
Victor Lefranc, Plaidoirie contre les Homéopathes.
En vous entendant nier le progrès, nous avons rebondi sur nous-même au choc de la contradiction, et nous avons répété le cri de l'apôtre du mouvement : E pur si muove ! Oui, le progrès est toujours le progrès ! Oui, le progrès est l'âme du monde.
Eug. Pelletan.
Quant à moi, je redescendrai dans mon humble vallée, et frappant la terre du pied, je crierai : E pur si muove ! car, pendant que nous discutons entre nous si le monde marche, savez-vous ce que répond ce monde ? Il répond par le fait, il continue de marcher.
Eug. Pelletan.
On vit les protestants, on les voit encore se faire une arme contre l'Église de l'emprisonnement de Galilée et de son fameux mot : E pur si muove ! Les hérétiques n'ont oublié qu'une chose : c'est qu'ils avaient été plus intolérants que l'Inquisition.