Horace (livre I, ode i, v. 24) parle des différentes carrières qui se présentent aux hommes :
Multos castra juvant, et lituo tubæ
Permixtus sonitus, beliaque matribus
Detestata.
«Beaucoup aiment les camps, le son du clairon mêlé au bruit de la trompette, la guerre détestée des mères.»
On trouve un reflet de la pensée d'Horace dans ce beau vers de Barbier :
Le bronze que jamais ne regardent les mères.
On rencontre souvent dans les poètes de ces paroles d'indignation contre les fureurs de Bellone : Bella, horrida bella, «La guerre, l'horrible guerre», dit Virgile (Énéide, liv. VI, v. 86).
La guerre à l'époque où nous sommes !
Et sur la terre et sur les eaux !
Il me faudra tuer des hommes,
Moi qui respectais des oiseaux !
Adieu donc, ô mes champs de seigle,
Et ma chaumière au fond du val,
Puisqu'il faut en pâture aux aigles
Jeter et l'homme et le cheval.
Rodolphe de Maistre.
Eug. de Monglave.